L’HISTOIRE DE L’ASSOCIATION
DES GESTES POUR SE COMPRENDRE
(D.G.P.C.)

 

Le sourd, qui était enfant, puis adulte est devenu le germe de communication totale de la surdité.
« SAVOIR, S’EXPRIMER, AGIR » rend l’homme du devoir dans son esprit de conquête.
Il s’appelle Claude CANU. Il est le fondateur de D.G.P.C.

 

Enfance et adolescence

Né dans les Ardennes en 1930, il est sourd et  il part dès l’âge de 5 ans à l’institution de la Malgrange à Jarville près de Nancy. Il découvre une langue des signes inventée par les sœurs de l’institution. Ce n’est qu’en 1938 qu’il surprend deus adultes pratiquant la L.S.F
Evacué sur Caen il est opéré de la gorge ce qui va lui permettre de mieux parler. Il apprend. Même le latin pour pouvoir servir la messe. En 1944, il retourne chez ses parents dans les Ardennes, devient cordonnier puis à l’occasion du déménagement de ses parents rentre en période d’apprentissage. D’abord plâtrier, il passe à la peinture, pose de papier peints, imitation du bois etc. il est très habile. Cependant  il est très malheureux, seul sourd dans sa région il ne peut converser. A 20 ans il a la possibilité en quittant l’apprentissage de rentrer comme peintre chez « Arthur Martin »
Il est toujours à la recherche de son identité de sourd et de communication. Lors d’une cure il découvre le théâtre. Au retour, il s’ennuie à nouveau. Enfin en 1954, sa vie va prendre un nouveau tournant. Il entend parler d’un endroit à Reims où les sourds se retrouvent. Il y rencontre sa future femme, se marie et s’installe à Reims.

 

Un nouveau sens à la vie

Il découvre la population sourde, son histoire au contact de pionniers et la mutualité pour les sourds. Très rapidement il montre un intérêt profond pour la vie associative et devient à partir de 1957 secrétaire, trésorier, puis Président. C’est une véritable école car au travers de ses fonctions il apprend le français écrit. Dès lors il va œuvrer d’abord pour l’action de la mutualité puis à l’installation d’un Foyer pour les Sourds (1970), tout en continuant bien entendu son métier de peintre en entreprise.. Il découvre IRRSEM et pense qu’il est nécessaire de prendre en charge les enfants sourds par le biais de la LSF. Ce n’est qu’en 1979  qu’il va pouvoir intervenir.
En 1982, il découvre I.V.T. et participe à une formation c’est une vraie surprise et un nouveau déclic !
En 1984, Président, il peut annoncer officiellement que Le Foyer de Sourd Champenois est propriétaire de la Maison située au 144 rue des Capucins.

Il ne faut pas oublier que Reims a été la première ville à faire exister un lieu comme celui-là, en 1908.

La création de D.G.P.C.

Claude CANU sentait que les sourds et les entendants s’acceptaient de mieux en mieux les uns les autres et que les relations devenaient de plus en plus fortes. Aussi, il eu envie de créer une association  d’autant que les entendants étaient intéressés  mais que l’état ne voulait pas s’en occuper. Il ne voulait pas que cela reste en circuit fermé mais au contraire s’ouvrir et être reconnu. D’autre part en formant une association, il serait possible de chercher des subventions et obtenir le soutien et l’encouragement des entendants.

Une première réunion à lieu au cours de laquelle, en sa qualité de seul sourd, il expose ses idées. Les entendants sont partants, il fallait trouver une « appellation ». Parmi les propositions un large consensus se fait pour la dénomination « DES GESTES POUR SE COMPRENDRE » au cours de l’assemblée du 28 Octobre 1983. .
Il fallait un Président. Claude CANU déclina la fonction puisqu’il était professeur. Il encourage les entendants à participer à cette avancée de l’histoire. C’est donc Gérard DUMENTIER qui sera le premier Président en Novembre 1983. Les statuts seront déposés à la sous-préfecture de Reims le 15 Novembre 1983, le siège social est au 4, avenue du Général Eisenhower à Reims.

En 1985, le Président DUMENTIER contact Claude CANU pour lui proposer de faire des cours pour professionnels à CHANTELOUP (près de Troyes) dans une école de sourds ainsi qu’aux parents des enfants sourds et aux enfants.
Déjà engagé à l’I.R.R.S.E.M. Claude CANU décide de démissionner de son poste de peintre et ce malgré une différence de salaire et devient donc enseignant en L.S.F. à temps complet.
Il va former  sur 4 niveaux. Globalement tout le monde progressait en particulier pour les enfants grâce à des jeux. Il y eut même des mélanges d’enfant sourds et entendants.
Afin de mieux enseigner il suit parallèlement à ses cours une formation individuelle à l’IVT avec l’autorisation de Mme BALZER qui avait succédé en 1986 à M. DUMENTIER Peu à peu les cours vont se développer tant dans des établissements scolaires (ce qui n’était pas toujours facile) mais aussi à l’extérieur. C’est en créant un théâtre qu’il va permettre à tous de s’exprimer. Les Sourds avaient besoin d’extérioriser leurs émotions et ils vont pouvoir le faire grâce au théâtre en LSF et ce en compagnie des entendants. Ce projet répondait à plusieurs buts : formation en LSF, culturel, mais aussi social.
Claude CANU intervient à Reims, Troyes, Bar-le-Duc, Verdun et Charleville-Mézières.
Il va continuer ainsi jusqu’en 1990, l’âge de la retraite ayant sonné. Retraite bien méritée car parallèlement à son activité d’enseignant en scolaire et pour l’association DGPC, il participait aux actions du Mouvement des Sourds de France et du Foyer du Sourd Champenois.
Entre-temps il avait trouvé deux professeurs sourds pour continuer son œuvre au sein de l’association DGPC.

En 1993, l’association DGPC fête ses 10 ans et lors de la journée anniversaire, de nombreuses informations ont été données sur l’association elle-même bien entendu mais aussi du théâtre.
A cette fête Claude CANU a dit un poème. Il parlait de ce qui avait amené la création de DGPC. En effet, auparavant, les gens ne connaissaient même pas les signes. Avec la création de l’association, il y a eu une ouverture sur les signes et la communication. Un interprète le disait à haute voix pour les entendants présents.

 

Association nationale

En 1984, Claude CANU participe à une réunion (invité par IVT) entre les pouvoirs publics et les associations de sourds de la région parisienne pour la défense de la LSF.
En novembre 1985, suite aux différentes démarches les sourds décident de créer le « MOUVEMENT DES SOURDS de France » et Claude CANU en fait partie et il va tenir informés  les sourds de Champagne. En 1986 puis en 1987 des actions ont lieu à Paris et lors de débats à l’assemblée.

Le 14 Mars 1987 Claude CANU est élu Président des Sourds de France.

Il s’agit dan l’article I « faire reconnaître l’identité ainsi que la langue, la culture et le droit à l’égalité des sourds avec ceux des entendants, malgré les différences liées à la surdité ». L’article II portait sur la reconnaissance de la LSF afin de garantir le bilinguisme pour chaque sourd. Dans l’article III, il était question de la création d’un corps d’interprètes d’état en LSF.

Il ne s’agit pas d’un « parti politique » mais seulement d’un « mouvement revendicatif » afin de faire avancer les choses. C’est ainsi que des contacts réguliers ont lieu pour rencontrer les ministres : affaires sociales, emploi, communication. Mais aussi des personnalités comme le CSA dans le but de faire savoir que les sourds et malentendants avaient besoin de sous-titrage pour comprendre la télévision. Une intervention auprès de l’Assemblée Nationale et du Sénat  a permis d’imposer aux chaînes un quota d’émissions sous-titrées selon leur pourcentage d’audience et avec une date butoir pour la mise en place.
Les sourds voient que le combat de MDSF est utile.
C’est dans ce cadre d’une action utile pour les sourds que l’association Des Gestes Pour se Comprendre s’est rattachée au Mouvement des Sourds de France.

 

L’évolution de D.G.P.C.

Peu à peu le besoin de donner une dimension sociale se fait sentir. En novembre 1988 mise en place d’un service social  mais avec seulement des  interventions « d’interprétariat » se développent aussi bien pour la vie de tous les jours des sourds mais aussi de manière plus officielle avec des demandes du tribunal, des impôts, de l’anpe etc. En 1991, une permanence sociale est installée mais uniquement sur Reims.

Le rôle du service social est de plus en plus cantonné dans la recherche de l’emploi, jusqu’en 1996 date d’arrivée de l’ANPEDA sur le secteur, elle « aide » seulement ensuite sur la place des handicapés.
Durant toutes ces années le financement du service social s’est fait sur le budget de la LSF et ce malgré le soutien moral de la Ville de Reims. Le déséquilibre financier est trop dangereux, le service social manque de moyens. La Présidente de DGPC démissionne en Décembre 1998 juste après l’assemblée générale de Novembre 1998 et le service social s’arrête en Mai 1999.

Monsieur Christophe PLOTEK devient le nouveau président. Il laisse momentanément le service social en léthargie pour permettre à l’Association de retrouver un équilibre financier. Il garde cependant au fond de lui ce désir de relance d’un pole social.

Son vœu va être exaucé le 1er Mars 2003 par l’embauche d’une interface de communication et  l’ouverture sur Reims de ce pole social. Une vingtaine de personnes sourdes sont accompagnées et des premiers contacts avec les administrations sont lancés. Une étude est faite pour une extension sur Châlons en Champagne ou Epernay.

Septembre 2004, ouverture de permanences à Charleville- Mézières pour les Ardennes, Saint Memmie pour la zone est de la Marne, et à Troyes pour l’Aube.
Le service social rencontre de plus en plus de succès non seulement pour les rendez-vous individuels mais aussi pour les conférences sociales.

A partir de Février 2005 avec la nouvelle Loi sur le Handicap et surtout en 2006 avec la mise en place des MDPH ce service devient une véritable nécessité pour le public sourd et malentendant. Si bien qu’une deuxième interface a été embauchée en mai 2006.

La partie formation de DGPC se développe également et M. PLOTEK soumet à l’Assemblée Générale de Novembre 2006 des nouveaux statuts incluant explicitement le rôle social de DGPC.


 

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Des Gestes Pour se Comprendre - 57 Esplanade du Général Eisenhower Burofac BP 5 - 51571 Reims Cedex
Tél: 03.26.08.96.48 -  Fax: 03.26.04.19.09  -   Email: infos.lsf@dgpc.fr